Association Le Souffle9
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07 septembre 2010


Notre projet institutionnel Version imprimable Suggérer par mail
Fondation de l’association

L’association " le Souffle9 " a été créé le 28 mars 2005 par un groupe de personnes provenant majoritairement des domaines éducatifs, socioculturels ou artistiques. Elles partagent l’idée qu’il est possible de réunir, dans un cadre convivial et non institutionnel, des jeunes aux problématiques et aux pathologies très variées. Leur volonté est que l’association qu’ils mettent en place devienne un relais pour les familles, les familles d’accueil, l’aide sociale à l’enfance et les institutions, afin que chaque jeune, quelles que soient ses difficultés relationnelles, ses troubles du comportement, son " handicap ", puisse profiter de moments de loisirs, de culture, de détente au même titre que les jeunes dits " normaux ". Les nombreuses expériences actuelles s’attachant à la notion de rupture prouvent qu’il est important que les jeunes, mettant à mal leurs " structures d’accueil ", fréquentent différents lieux pour grandir. C’est ce que le Souffle9 propose : un nouveau lieu d’expérimentation pour le jeune, une structure relais pour les institutions.


Conscients des responsabilités que ces ambitions amènent, les membres fondateurs s’engagent à fournir un travail exigeant de réflexion et d’organisation pour réaliser leurs objectifs.


Fondements

Accueillir des jeunes en difficulté


Au terme de jeunes handicapés mentaux, nous préférerons substituer le terme de jeunes en difficulté, moins stigmatisant.

Qu’est ce qu’une " personne handicapée " ? Handicapée pour quoi ? Il y aurait des personnes handicapées et des personnes tout court ?

Chaque jeune sera d’abord considéré, au Souffle9, comme un individu qui possède un tempérament, un caractère, une personnalité, des goûts, et ceci quels que soient sa pathologie et le diagnostic médical que l’on en a fait. Nous pensons qu’appréhender une personne par le biais de ce que l’on appelle communément son handicap, c’est la stigmatiser et l’empêcher d’exister en dehors de cette étiquette. Pouvons-nous définir un jeune par le terme " autiste ", " psychotique " ou " hyper-actif " et ainsi adopter une conduite à tenir, une façon de faire ? Nous préférons laisser les médecins, infiniment plus compétents pour cela, manier ces termes complexes et de notre côté, accepter et apprendre à connaÓtre le jeune tel qu’il se montrera.


Mélange et rencontre

Il y a au cœur du projet de l’association l’idée de mélange. En effet, le Souffle9 se propose d’accueillir ensemble des jeunes quelles que soient leurs difficultés et reste persuadé que ce mélange n’est pas une contrainte mais au contraire un atout. Accueillir sous le même toit des jeunes aux niveaux d’autonomie différents, aux âges différents, aux façons d’être différentes, constitue un formidable outil permettant de développer une pédagogie de la tolérance, de la solidarité et du respect de l’autre. Et cette pédagogie ne sera pas faite de mots mais de vécus, chaque jeune et chaque adulte fera l’expérience concrète de la différence, de la liberté, de la vie en collectivité en se " mesurant " à l’autre.

Dans ce mélange, le temps sera laissé pour que la Rencontre se fasse. Les jeunes ne seront pas en permanence occupés par les activités, afin qu’au sein de chaque groupe, ils aient le temps de rentrer en contact les uns avec les autres.


Régularité

L’association accueillera, dès que possible, des jeunes lors des week-ends et les vacances scolaires. Ainsi il sera possible aux jeunes de venir régulièrement passer des moments de détente, de culture et de loisirs au sein de l’association. Ils y retrouveront des jeunes et des adultes qu’ils connaissent déjà et acquérront ainsi progressivement des repères sécurisants. Ils se familiariseront avec les règles instaurées par l’association, supporteront mieux la séparation et prendront une place de plus en plus importante au sein du groupe. Nous sommes persuadés que pour être réellement bénéfique, l’accueil d’un jeune doit s’inscrire dans la régularité et dans la durée.

Intentions

" Après l’école "

C’est avec le Front Populaire et la création des congés payés que les colonies de vacances se multiplient, le plus souvent organisées par des mouvements d’éducation populaire. Les premières colonies sont courtes (quelques jours) et ont surtout comme objectif de sortir les jeunes des villes pour leur faire découvrir la mer ou la campagne.

Depuis cette époque les générations se succèdent et les colonies de vacances se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus longues. Cela fait vingt ans que la grande majorité des jeunes passent certaines de leurs vacances séparés de leurs parents et font l’expérience de la vie de groupe parfois même avant 10 ans. Ce qu’on appelle aujourd’hui, selon la réglementation Jeunesse et Sport, les centres de vacances et de loisirs sont organisés d’une part, par des organismes privés à but plus ou moins lucratifs, et d’autre part par de nombreuses collectivités territoriales : quelle ville ne possède pas son centre d’animation, son centre aéré, ses centres de vacances à la mer ou à la montagne ? L’implication de l’Etat dans la prise en charge des jeunes pendant leur temps libre montre bien que cela est presque considéré comme un service public.

Mais qu’en est-il lorsque l’enfant est " difficile " ? C’est justement beaucoup plus "difficile". Car si les centres de vacances " adaptés " existent, ils ne sont pas très nombreux et le nombre de place est limité. Et c’est sans parler des critères de sélection parfois très stricts qui laissent une bonne partie des jeunes en situation de handicap de côté. Les parents le savent et il est très compliqué de trouver une structure sérieuse et disponible accueillant des jeunes moins autonomes pendant les vacances. Or, ces temps de séparation sont nécessaires pour tous et il est inacceptable que des familles, parce qu’elles ne correspondent pas au modèle dominant, en soient privées.


L’apprentissage de la liberté

Ces temps libres, en dehors de l’institution et en dehors de la famille, permettent à chaque jeune l’accès à un peu plus de liberté. Parce que " pour être plus libre, je dois être plus autonome et surtout plus indépendant. Cela, je ne peux l’apprendre qu’en dehors de mes repères habituels ". C’est dans cette " perte de repères " que le jeune peut se responsabiliser et se rendre compte qu’il y a beaucoup de choses qu’il peut choisir : loin de ses parents ou éducateurs ou autres responsables, il a l’impression de faire ce qu’il veut.

Mais ne confondons pas l’idée de liberté et celle d’anarchie. La liberté, contrairement à l’anarchie, s’accommode des règles. Pourquoi un centre de vacances est-il le moment idéal pour faire l’expérience de la liberté ? Parce que plus qu’ailleurs, on comprend que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres et que l’adoption de certaines règles est la meilleure solution pour répartir équitablement la liberté.

C’est dans ce constat que l’apprentissage de la liberté devient vraiment intéressant, parce qu’il est accompagné par un effort de socialisation ; apprendre à être libre, c’est apprendre à vivre avec les autres.


Travailler en relais

Pour concrétiser au mieux ses intentions, l’association fera des familles et des institutions ses partenaires indispensables. Parfois, ce sera le contraire : une famille ou une institution cherchera à atteindre un objectif et choisira le Souffle9 comme partenaire. Dans les deux cas un travail approfondi de communication et de dialogue est nécessaire entre les deux parties. Pour aider le jeune à "grandir", il est primordial que les différentes personnes en contact avec ce dernier puissent communiquer entre elles, les conséquences sont alors bénéfiques :

  1. le jeune ressent qu’une attention particulière est portée à son égard

  2. il y a une vraie cohérence dans le travail des différentes personnes en contact avec le jeune

  3. le passage du jeune d’une structure à l’autre est plus facile car il sent une relation de confiance entre elles

  4. chaque partenaire alimente la réflexion de l’autre et vice-versa


Le Souffle9 est très attaché à cette idée de travail en relais. Nous sommes persuadés qu’un effort de ce côté permettra de repousser les limites de chaque structure, de diminuer les situations d’échec et de venir à bout de nombreux problèmes.




Pour mieux comprendre comment l’association compte atteindre ses objectifs, nous allons maintenant détailler deux aspects de notre organisation : l’accueil des jeunes et l’organisation des séjours.

L’accueil

Le Souffle9 veut proposer un accueil souple et néanmoins de qualité à ses partenaires.


L’absence de critères

Aucun critère de sélection ne sera adopté pour choisir les jeunes qui pourront ou ne pourront être accueillis par l’association. Il n’y aura que du cas par cas : chaque accueil sera un projet individualisé, concerté entre l’association et la famille ou l’institution demandeuse.


Laisser à chaque accueil le temps de réussir

Pour laisser une chance à chaque accueil d’être bénéfique, l’association ne travaillera pas dans l’urgence. Nous considérons que le temps est un allié indispensable et ne voulons pas presser les choses au risque de mettre le jeune ou l’association en situation d’échec.


La première rencontre

Chaque accueil débutera par une rencontre entre le jeune, l’institution (famille, famille d'accueil, A.S.E, structure d’accueil) et des représentants de l’association. Cette rencontre sera une première prise de contact qui permettra de faire les présentations et de penser le sens de l'accueil : quelles sont les motivations et les attentes du jeune ? celles de l'institution demandeuse ? quels sont les objectifs ?


Des échanges réguliers

Tout au long de l’accueil, entre les différents séjours, des moments d’échanges fréquents seront mis en place (rencontres ou appels téléphoniques) pour que les partenaires puissent travailler dans le même sens. L’association s’attachera notamment à faire des comptes rendus après chaque séjour et n’hésitera pas à prendre des nouvelles avant les séjours.


Des synthèses

Le travail en relais sera rythmé par des synthèses réunissant toutes les personnes entourant le jeune. Ces synthèses sont importantes parce qu’elles permettent, ensemble, de faire le point et de se projeter dans l’avenir.


Les séjours

Chaque séjour trouvera son propre fonctionnement, s’adaptant à la dynamique du groupe et au niveau d’autonomie de chacun. Cependant il ne s’éloignera pas des grands axes définis par l’association, garantissant la cohérence et la rigueur de son travail :


  1. Les adultes encadrant doivent donner les moyens à chaque jeune d’être acteur de son séjour en l’impliquant dans la gestion de la vie quotidienne (cuisine, courses, vaisselle, rangement…), dans la préparation des activités ou dans la gestion du budget. En temps normal, nous avons tendance à sous-estimer la capacité de chacun à s’acquitter d’une tâche ou d’une fonction ou bien n’avons-nous simplement pas le temps d’organiser un fonctionnement collégial. Durant les séjours, nous partirons du principe que chaque jeune peut être responsabilisé tout en mesurant ce que nous pouvons exiger ou ne pas exiger de lui. Le fonctionnement collégial sera réfléchi, remis en question, modifié au jour le jour afin d’éviter les situations d’échec et d’atteindre une certaine efficacité. Les adultes entre eux se répartiront les fonctions de la même façon, au regard de leurs compétences et de leurs envies ; il n’y aura pas de rapport hiérarchique entre eux et chacun sera responsable du bon déroulement du séjour.

  2. Un effort particulier sera effectué afin de développer l’autonomie de chaque jeune. Pour cela, des temps de soin et d’attention individualisés seront mis en place au quotidien. Lorsqu'un jeune rencontrera des difficultés à s’habiller ou à se laver seul, un adulte prendra le temps de l’accompagner, sans lui mâcher le travail, afin qu’il effectue lui-même les gestes lui permettant plus tard d’être indépendant. Le rythme de chaque participant doit être ainsi respecté, l’objectif des séjours est avant tout la détente, le bien être et non la consommation excessive d’activités.

  3. Pour assurer la sécurité physique et affective de tous, les adultes seront les garants du cadre posé par l’association. Ils s’efforceront de faire respecter les règles de vie en communauté et signifieront les interdits. Ils s’attacheront à considérer chaque jeune dans son intégrité et à faire le nécessaire pour comprendre son comportement et ses actes.

 

Les samedis culturels à Paris

 

Entre les séjours, pour permettre la régularité de l'accueil, l'association organise les "samedis culturels". Les jeunes sont alors conviés à une approche d'un pan de notre culture : cinéma, théâtre, musique, conte… À chaque fois, des allers et retours entre pratique et spectacles sont effectués. Par exemple, lors d'un samedi consacré à la musique, les participants seront "musiciens" le matin et iront assister à un concert l'après-midi. Ce va et vient incite les jeunes à passer d'une position active de créateur, de pratiquant à une position passive de spectateur.

Durant ces journées culturelles, les mêmes principes éducatifs que ci-dessus seront conservés. Néanmoins les applications seront moindres, puisque le temps d'accueil est plus limité.

Les samedis culturels sont aussi un bon moyen pour les parents d'effectuer une première séparation, comme il s'agit d'un temps assez court et qu'il n'y a pas de nuit, les parents sont plus rassurés et font plus facilement l'effort de confier leur enfant une première fois.

 

 

 

 
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