Le projet associatif

FONDATION DE L’ASSOCIATION

L’association Le Souffle9 a été créée le 28 mars 2005 par un groupe de personnes provenant majoritairement des domaines éducatif, socioculturel et artistique. Elles partagent l’idée qu’il est possible de réunir, dans un cadre convivial et non institutionnel, des jeunes personnes en difficulté ayant des besoins spécifiques en termes d’accompagnement. Leur volonté est que l’association soit un relais pour les familles, les familles d’accueil, l’Aide Sociale à l’Enfance et les institutions et qu’elle permette aux jeunes accueillis de profiter de moments de loisirs, de culture et de détente. Les nombreuses expériences s’attachant à la notion de rupture prouvent qu’il est important que les jeunes qui mettent à mal leurs « structures d’accueil » fréquentent différents lieux pour grandir. C’est ce que Le Souffle9 propose : un nouveau lieu d’expérimentation pour le jeune, une structure relais pour les institutions.

Conscients des responsabilités que ces ambitions amènent, les membres fondateurs s’engagent à fournir un travail exigeant de réflexion et d’organisation pour réaliser leurs objectifs.

Voir le nouveau  projet  d’accueil : Projet Louviers

 

FONDEMENTS

1. Mélange et rencontre

Il y a, au cœur du projet de l’association, le refus de l’exclusion, du cloisonnement pour favoriser l’idée de mélange. Nous souhaitons accueillir ensemble, des jeunes aux difficultés variées et nous sommes persuadés que ce mélange n’est pas une contrainte mais au contraire un atout. Accueillir sous le même toit des jeunes aux niveaux d’autonomies différents, aux âges différents, aux façons d’être différentes, constitue un formidable outil permettant de développer une pédagogie de la tolérance, de la solidarité et du respect de l’autre. Et cette pédagogie ne sera pas faite de mots mais de vécus : chaque jeune et chaque adulte fera l’expérience concrète de la différence et de la vie en collectivité en se « mesurant » à l’autre.

Dans ce mélange, le temps sera laissé pour que la rencontre se fasse. Les jeunes ne seront pas en permanence occupés par des activités, afin qu’au sein de chaque groupe, ils aient le temps de rentrer en contact les uns avec les autres.

2. Permettre l’accueil de jeunes aux besoins spécifiques

Au Souffle9, chaque jeune sera d’abord considéré comme un individu qui possède un tempérament, un caractère, une personnalité, des goûts, et ensuite comme une personne ayant des besoins spécifiques en termes d’accompagnement.

Nous préférons laisser les spécialistes, infiniment plus compétents pour cela, manier les termes génériques parfois stigmatisant et de notre côté, accepter et apprendre à connaître le jeune tel qu’il se montrera.

Le taux d’encadrement et le travail de suivi du Souffle9 permettent l’accueil de jeunes personnes ayant besoin :

  • De la présence rassurante d’un l’adulte
  • De temps pour être autonome
  • D’une écoute attentive et adaptée même au sein d’un groupe
3. Régularité

L’association accueille des jeunes personnes lors de journées, de week-ends et de vacances scolaires. Ainsi, il est possible aux jeunes de venir régulièrement passer des moments de détente, de culture et de loisirs au sein de l’association. Ils y retrouvent des jeunes et des adultes qu’ils connaissent déjà et acquièrent ainsi progressivement des repères sécurisants. Au fur et à mesure des accueils, ils se familiarisent avec les règles instaurées par l’association, supportent mieux la séparation et prennent une place de plus en plus importante au sein du groupe. Nous restons convaincus que l’accueil d’un jeune ne peut être bénéfique que s’il est inscrit dans la durée et la régularité.

INTENTIONS

1. « Après l’école »

C’est avec le Front Populaire et la création des congés payés que les colonies de vacances se multiplient, le plus souvent organisées par des mouvements d’éducation populaire. Les premières colonies sont courtes (quelques jours) et ont surtout comme objectif de sortir les jeunes des villes pour leur faire découvrir la mer ou la campagne.

Depuis cette époque, les générations se succèdent et les colonies de vacances se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus longues. Cela fait vingt ans que la grande majorité des jeunes passent certaines de leurs vacances séparés de leurs parents et font l’expérience de la vie de groupe, parfois même avant 10 ans. Ce qu’on appelle aujourd’hui, selon la réglementation Jeunesse et Sport, les centres de vacances et de loisirs sont organisés d’une part, par des organismes privés à but plus ou moins lucratifs, et d’autre part par de nombreuses collectivités territoriales : quelle ville ne possède pas son centre d’animation, son centre aéré, ses centres de vacances à la mer ou à la montagne ? L’implication de l’Etat dans la prise en charge des jeunes pendant leur temps libre montre bien que cela est presque considéré comme un service public.

Mais qu’en est-il lorsque l’enfant est « difficile » ? C’est justement beaucoup plus « difficile ». Car si les centres de vacances « adaptés » existent, ils ne sont pas très nombreux, leur nombre de places est limité et leurs critères de sélection sont souvent très stricts. Les parents le savent et il est très compliqué de trouver une structure sérieuse et disponible accueillant des jeunes pendant les vacances. Or, ces temps de séparation sont nécessaires pour tous et il est inacceptable que des familles, parce qu’elles ne correspondent pas au modèle dominant, en soient privées.

2. Travailler en relais

Le Souffle9 est très attaché à l’idée de travail en relais. Nous sommes persuadés qu’un effort de ce côté permet de repousser les limites de chaque structure, de diminuer les situations d’échec.

Pour accompagner au mieux le jeune, il est primordial que les différents partenaires en contact avec ce dernier puissent communiquer entre eux. Les conséquences sont alors bénéfiques :

  • Le jeune ressent qu’une attention particulière est portée à son égard
  • Il y a une vraie cohérence dans le travail des différentes personnes en contact avec le jeune
  • Le passage du jeune d’une structure à l’autre est plus facile car il sent une relation de confiance entre elles
  • Chaque partenaire alimente la réflexion de l’autre et vice-versa
3. Faire vivre le projet associatif avec les partenaires

Loin de toute logique de consommation et dans l’esprit de la loi 1901, l’association considère que toutes les personnes bénéficiant de l’association (familles, animateurs, institutions…) doivent pouvoir prendre part au projet associatif et faire vivre ses instances démocratiques.

L’association développera un effort particulier à sensibiliser les différents partenaires afin qu’ils puissent s’investir, participer et s’engager au sein de celle-ci.

Pour mieux comprendre comment l’association compte atteindre ses objectifs, nous allons maintenant détailler deux aspects de notre organisation : l’accueil des jeunes et l’organisation des séjours.

L’ACCUEIL

Le Souffle9 veut proposer un accueil souple et de qualité.

1. Les modalités d’accueil

Aucun critère de sélection prédéfini n’est adopté pour choisir les jeunes qui peuvent ou ne peuvent pas être accueillis par l’association. Il n’y a que du “cas par cas” : chaque accueil est réalisé en concertation entre la direction de l’association et la famille ou l’institution demandeuse.

Les limites de l’association en terme d’accueil sont liées aux moyens qu’elle possède à l’instant présent.

2. Laisser à chaque accueil le temps de réussir

Pour laisser une chance à chaque accueil d’être bénéfique, l’association ne travaille pas dans l’urgence. Nous considérons que le temps est un allié indispensable et ne voulons pas presser les choses au risque de mettre le jeune ou l’association en situation d’échec.

3. La première rencontre

Chaque accueil débute par une rencontre entre le jeune, l’institution (famille, famille d’accueil, Aide Sociale à l’Enfance, structure d’accueil) et la direction de l’association. Cette rencontre est une première prise de contact qui permet de faire les présentations et de penser le sens de l’accueil : quelles sont les motivations et les attentes du jeune ? Celles de l’institution ou de la famille demandeuse ?

4. Des échanges réguliers

Tout au long de l’accueil, des moments d’échanges réguliers sont mis en place (rencontres ou appels téléphoniques) pour que les partenaires puissent travailler dans le même sens.

Qui plus est, le travail en relais est rythmé par des synthèses réunissant toutes les personnes gravitant autour du jeune. Ces synthèses sont importantes en cela qu’elles permettent, ensemble, de faire le point et de se projeter dans l’avenir. Elles peuvent être réalisées à la demande des parents, des institutions ou de la directrice.

LES WEEK-ENDS ET SEJOURS

Chaque week-end et séjour trouve son propre fonctionnement, s’adaptant à la dynamique du groupe et au niveau d’autonomie de chacun. Cependant il ne s’éloignera pas des grands axes définis par l’association, garantissant la cohérence et la rigueur de son travail :

  • Les adultes doivent donner les moyens à chaque jeune d’être acteur de son séjour en l’impliquant dans la gestion de la vie quotidienne (cuisine, courses, vaisselle, rangement, budget…). En temps normal, nous avons tendance à sous-estimer la capacité de chacun à s’acquitter d’une tâche ou d’une fonction ou bien n’avons-nous simplement pas le temps d’organiser un fonctionnement collégial. Durant les séjours, nous partirons du principe que chaque jeune peut être responsabilisé dans la mesure ce que nous pouvons attendre ou non de lui.
  • Les adultes entre eux se répartissent les fonctions de la même façon, au regard de leurs compétences et de leurs envies ; il n’y a pas de rapport hiérarchique entre eux et chacun est responsable du bon déroulement du séjour.
  • La préparation des repas occupe une place importante dans le déroulement des accueils. Le choix des aliments, leur préparation, le temps passé à table sont autant de moments durant lesquels le jeune peut participer, partager, apprendre, découvrir et s’exprimer.
  • Durant les temps d’accueil, les jeunes peuvent profiter d’activités. Toujours dans le souci de favoriser un fonctionnement collégial et une prise de décision chez les jeunes, ces derniers sont acteurs dans le choix des activités auxquelles ils souhaitent participer. Les activités manuelles, les sorties sont autant de temps de vie de groupe pendant lesquels les jeunes peuvent s’épanouir. Cependant, le rythme des jeunes et l’intérêt de l’activité priment sur la consommation.

LES SAMEDIS CULTURELS ET LOISIRS À PARIS

Entre les séjours, par choix d’ouvrir l’accès à la culture à nos jeunes et pour permettre une régularité de l’accueil, l’association organise les samedis culturels ou loisirs sur Paris et sa banlieue.

Ces temps d’accueil sans nuitée constituent, outre la spécificité de leur contenu, une opportunité pour les parents et pour le jeune de vivre une première séparation ainsi qu’une première rencontre avec l’association autour d’une activité.

Les samedis culturels

Durant ces journées, les jeunes sont invités à approcher un pan de notre culture : cinéma, théâtre, photo, musique, conte… À chaque fois, des allers et retours entre pratique et spectacle sont effectués. Par exemple, lors d’un samedi consacré à la musique, les participants seront « musiciens » le matin et iront assister à un concert l’après-midi. Ce va et vient incite les jeunes à passer d’une position active de créateur à une position d’écoute de spectateur.

Les samedis loisirs

Durant les samedis loisirs, l’accent est mis sur la rencontre et le partage au sein du groupe par le biais d’une activité. Ainsi, aller à la piscine ou à la patinoire, en plus d’être un moment de plaisir et parfois de découverte, participe à la création de lien entre les jeunes et avec les animateurs.